RESUMEN
Se
decribe la evolución de una experiencia en psicoterapia
de grupo en el contexto de un programa de crisis en un Centro
ambulatorio de Terapia Breves de Ginebra. Este tipo de Centros
fue bcreado hace 12 años en los servicios psiquiátricos
del cantón de Ginebra para atender durante 24 horas al
día en la ciudad a pacientes que atrtaviesan circunstancias
difíciles y bque se hallan descompensados. La estancia
media es de 1 mes. En losm últimos años se han
instalado mcamas en esos centrosm para quelos pacientes bpuedan
pasar dosn o tres día en caso necesario.
PALABRAS CLAVE: Terapias
breves, grupo, crisis.
SUMMARY
The
evolution is described of an experience in group psychotherapy
in the context of a crisis programme in a short Therapy out-patient
Centre in Geneva. This type of Centre was created 12 years ago
in the psychiatric services of the canton of Geneva to give
24 hour assistance in the city for patients that are going through
difficult situations and that are upset. The average stay is
for one month. Over the last few years more beds have been installed
in these centres so that the patients can spend two or three
days if necessary.
KEY
WORDS: Short Therapy, group, crisis
RESUME
Description
d'une expérience de psychothérapie de groupe ("
Groupe-Crise ") faisant partie de l'ensemble des soins
psychiatriques d'un C.T.B.
* texte d'après l'exposé fait à la cinquième
rencontre de l'A.R.P.A.G. (Association Romande pour la psychothérapie
psychanalytique de groupe). Genève, 8-9 novembre 1987.
(Centre
de Thérapies Brèves : institution de soins ambulatoires,
d'une conception proche des Hôpitaux de Jour).
MOTS
CLEFS : Thérapies brèves, groupe, crise.
Les
Centres de Thérapies Brèves, à Genève,
sont une extension et un développement des anciens Hôpitaux
de Jour. Ils se situent à mi-chemin entre la Consultation
et l'Hôpital psychiatrique. Il s'agit d'unités
extra-hospitalières fonctionnant en permanence dans les
secteurs.
En
ce qui concerne le " C.T.B. Pâquis ", il serait
plus juste de l'appeler Centre de Crise ou Centre de Thérapies
intensives. En effet, le modèle de base des soins dans
ce CTB implique une conception des troubles mentaux découlant
du modèle bio-psycho-social de Engel (1980), avec un
accent mis sur les interventions de crise. Nous considérons
la Crise au sens de Caplan (1964) et Langsley (1968), comme
un déséquilibre émotionnel adaptatif d'un
individu et de son entourage face à une situation nouvelle
et inévitable.
D'une
façon schématique, nous pouvons situer nos interventions
thérapeutiques sur deux axes d'interactions " soignants-soignés
" :
-
un premier axe où le travail thérapeutique est
centré sur la personne en crise et sa famille. Dans ce
cadre-là, lors des premiers entretiens d'évaluation,
nous essayons d'élaborer un projet thérapeutique
avec le patient et son entourage, et de mettre sur pied un programme
de soins assez intensif et individualisé.
-
Le deuxième axe est un axe groupal. Quand cela est indiqué,
le patient est invité à participer à un
ou plusieurs groupes, de nature très diverse, afin de
favoriser son intégration sociale.
Parmi
les groupes proposés au C.T.B.-Pâquis, celui qui
a une orientation psychothérapeutique spécifique
est celui que nous appelons le Groupe-Crise. Il s'agit d'un
groupe de discussion sur le thème de la crise que vivent
les patients qui viennent au C.T.B.
Le
groupe s'inscrit dans l'optique thérapeutique de notre
Centre qui consiste en une mobilisation intensive des ressources
psychiques du patient. Il s'agit d'utiliser la crise comme un
levier pour aller plus loin que le retour à l'état
antérieur et de motiver chacun à se prendre en
charge, à comprendre pourquoi il traverse une crise et
comment il peut la dépasser.
Le
traitement de crise terminé, le patient sort du C.T.B.,
reprend sa vie habituelle mais bien souvent il reste fragile.
Il doit donc essayer d'élaborer à plus long terme
la problématique dont il a pu prendre conscience au cours
du traitement de crise. La période de la " post-crise
" correspond pour nous à une optique de prévention
de la rechute.
Nous allons maintenant décrire le setting du Groupe-Crise.
Il
s'agit d'un groupe bi-hebdomadaire qui a lieu dans une salle
du C.T.B. réservée en priorité aux groupes
de discussion. Chaque séance dure une heure.
Ce
groupe est animé habituellement par deux thérapeutes
fixes. Il est arrivé que nous ayons en plus, pour une
période limitée à quelques mois, une troisième
personne (psychologue stagiaire).
C'est
un groupe semi-ouvert, comprenant six à huit patients
au maximum. Lorsqu'un patient termine sa prise en soins au C.T.B.,
il quitte ce groupe, libérant ainsi une place pour un
nouveau patient susceptible d'en bénéficier. Le
" tournus " des patients est variable, en fonction
de la durée de soins nécessaire à chacun
pour surmonter sa crise. Cela peut aller en moyenne de trois
semaines à trois mois, voire davantage.
Du
point de vue des indications : une certaine hétérogénéité
des patients demeure souhaitable mais nous avons surtout des
patients en crise, présentant des états dépressifs
(ou dépressivo-anxieux) assez graves (Leonidis et Salvador,
1986) avec ou sans tentamen avant l'arrivée au C.T.B.,
sur une structure de personnalité la plupart du temps
fragile (états-limites ou personnalités narcissiques,
voire psychoses). Les comportements trop perturbés (auto
ou hétéro-agressifs ou psychopathiques) sont des
contre-indications pour ce groupe.
Chaque
séance est précédée d'un pré-groupe
et suivie d'un post-groupe. Le pré-groupe entre thérapeutes
nous permet de nous communiquer les informations nécessaires
concernant les patients et l'évolution de leur prise
en soins. Il nous permet aussi d'accueillir brièvement
un nouveau patient pour nous présenter à lui et
lui expliquer le but et les règles de ce groupe. Après
chaque séance, nous nous retrouvons entre thérapeutes
pour une réunion d'une demi-heure.
Ce post-groupe a un triple but :
- échanger à chaud nos impressions
- retrouver le climat, les associations du groupe, ainsi que
nos interventions
- aborder entre nous les problèmes de co-thérapie
Durant
une première année expérimentale et grâce
à une supervision régulière avec une psychanalyste
consultante (Vergopoulo, 1983), nous avons élaboré
les paramètres théoriques et de fonctionnement
de ce groupe. Ce n'était pas une tâche facile que
de respecter à la fois les exigences d'une thérapeute
de groupe d'inspiration psychanalytique et les besoins institutionnels.
L'année suivante, la supervision a été
élargie à toute l'équipe, ce qui nous a
permis de nous interroger sur le bien-fondé de l'ensemble
du programme groupal du C.T.B..
Un
autre élément important, c'est la restitution
des thérapeutes du groupe au reste de l'équipe,
lors de la réunion quotidienne. Il faut préciser
qu'avant l'entrée d'un patient dans le groupe, nous l'informons
que nous travaillons en équipe et que nous nous réservons
la possibilité de pouvoir communiquer avec ses soignants
si nécessaire.
Il
nous paraît essentiel d'intégrer ce groupe dans
le travail thérapeutique de l'équipe pluridisciplinaire
du C.T.B., en informant les soignants de ce que nos patients
communs expriment dans le groupe. C'est là l'occasion
d'un échange entre thérapeutes (individuels et
de groupe) sur l'évolution des patients et l'orientation
des prises en charge. Nous avons constaté que plus les
informations circulaient dans les deux sens, plus la prise en
soins pouvait être cohérente et plus les deux volets
(individuel et groupal) étaient complémentaires.
Notre
modèle théorique est celui de la psychothérapie
de groupe d'inspiration psychanalytique instituée en
Angleterre par W.R. Bion (1965), S.H. Foulkes (1969) et leurs
successeurs, à partir des années cinquante.
Nous
travaillons à partir de " l'ici et maintenant ",
cherchant à comprendre les clauses déclenchantes
de la crise pour chaque patient et les relations interpersonnelles
observées dans le groupe. C'est ainsi qu'à la
dimension " verticale " de la relation soignants-soignés
qui existe aussi dans la prise en charge individuelle, s'ajoute
la dimension " horizontale " d'une confrontation avec
un groupe de " pairs ".
Mais
à la différence des groupes psychothérapeutiques
à associations libres, nous avons dû adapter la
technique à la clientèle spécifique d'un
Centre de crise où la durée de prise en soins
est relativement brève. C'est ainsi que nous pouvons
qualifier ce groupe de " groupe de discussion autocentré
" mais avec focalisation sur le thème de la crise
(qui est le point commun qui rassemble dans notre Centre des
patients présentant par ailleurs bien des différences
socio-culturelles et de psychopathologie).
Ce
thème de la crise (Donovan et al. 1979 ; Walsh et Phelan,
1974) favorise l'activité mentale du groupe, ce que Bion
a appelé le " groupe de travail ", activité
permettant la croissance psychique et la maturation progressive
du groupe et de ses participants. Ceci, bien entendu, après
avoir dans un premier temps détecté l'atmosphère
affective du groupe ou les " hypothèses de base
" de Bion.
Dans
ce groupe de discussion visant le pourquoi de la crise, il est
nécessaire que les thérapeutes soient plus actifs
et plus directifs que ceux d'un groupe thérapeutique
classique afin de faciliter les liens entre des patients dont
les capacités de verbalisation sont souvent très
limitées ou inhibées du fait de leur crise.
Nous
essayons de contenir dans le groupe les tendances régressives
(sans pour autant les encourager) et de favoriser leur dépassement,
en faisant appel aux ressources personnelles de chacun. Nous
pensons en effet que même chez le patient le plus régressé,
il existe une " partie saine " de sa personnalité
avec laquelle nous devons faire alliance pour pouvoir prendre
en charge la " partie malade " et aller vers une évolution
progressive.
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