RESUMEN
El
estudio realizado a un grupo de cambio en el marco del hospital
de día de la Policlínica de Geriatría de
Ginebra, trata de demostrar en qué medida esta actividad
grupal puede ser considerada de naturaleza psicoterapéutica
en un contexto de cuidados comunitarios.
PALABRAS CLAVE: Grupo,
psicoterapia, atención comunitaria.
SUMMARY
The
study, carried out by an exchange group in the framework of
the day hospital of the Geneva Geriatric Policlinic, aims to
show to what measure this group activity can be considered of
a psychotherapeutic nature in a community care context.
KEY
WORDS: Group, psychotherapy, community care.
RESUME
L'étude
effectuée sur un groupe " échange "
dans le cadre de l'hôpital de jour à la Policlinique
de gériatrie à Genève, vise à montrer
dans quelle mesure cette activité groupale peut être
considérée comme psychothérapeutique dans
un contexte de soins communautaires.
D'un
point de vue psychanalytique, il s'avère que ce groupe
fait appel à certains processus défensifs groupaux
comme on peut les retrouver dans les psychothérapies
analytiques de groupe. Les plus prégnants sont les présupposés
de base cités par Bion - la dépendance et l'attaque-fuite
- ainsi que la présence de silences, de boucs émissaires
et de tensions qui sont récurrents dans ce groupe. D'après
la dynamique des groupes de Lewin ce groupe représente,
à travers son champ et au vu des séances analysées,
un réel " espace de vie " dans lequel les membres
se sentent exister et encore utiles à autrui.
MOTS
CLEFS: Groupe, psychothérapie, soins communautaires.
INTRODUCTION
La longévité évidente de la population
âgée ne signifie pas forcément que la qualité
de vie sur un plan médico-psycho-social soit bonne ou
satisfaisante. En effet, même si au fil du temps la conception
de la vieillesse est passée d'une vision plutôt
pessimiste à une vision actuelle moins dégradante
de la personne âgée, ceci n'enlève pas les
problématiques liées au vieillissement, comme
la diminution des capacités physiques et cognitives,
le risque de perte de l'autonomie, les pertes relationnelles,
la solitude, la peur de la mort, etc.
Comment les personnes âgées peuvent-elles affronter
ces difficultés ?
Pour
y faire face, il existe notamment des groupes de parole se limitant
actuellement au milieu psychiatrique. Or, dans un milieu de
soins communautaires, ce type de prise en charge est malheureusement
à l'heure actuelle peu développé à
Genève. La Poliger offre un espace d'échange pour
cette population qui est de nos jours encore trop peu mentionnée
dans la littérature lorsqu'il s'agit de thérapies
de groupes.
L'intérêt
d'entreprendre une recherche sur ce groupe a pris naissance
d'une critique affirmant : " Au fait, les discussions de
ces groupes ne sont que des discussions de café ! ".
S'agirait-il d'un simple moyen de socialisation ou pourrait-on
le considérer alors comme un outil psychothérapeutique
? Tel a été l'enjeu de cette étude par
laquelle j'ai souhaité mettre en lumière, d'une
part, les processus de fonctionnement de ce groupe " échange
" et, d'autre part, soulever l'importance pour les conducteurs
d'être formé dans le domaine des thérapies
de groupe.
METHODE
Objectifs et outils utilisés
1.
La première étape de l'étude porte sur
la création d'un questionnaire inspiré du CSQ-8
(Client Satisfaction Questionnaire, créé par C.
Attkisson et Zwick en 1982 ; traduit et validé en français
par Leichner et Perreault en 1990 ; il s'agit d'une version
abrégée du CSQ-18 de Larsen, Attikisson, Hargreaves
et Nguyen (1979)) qui possède huit items cotés
de 1 à 4.
Le but du questionnaire porte sur l'évaluation qualitative
de la perception des patients sur leur propre participation
au groupe " échange ".
L'échelle de Likert utilisée comporte quatre items
allant de " oui absolument " à " non absolument
pas " ou pour certaines questions " très satisfait
" à " insatisfait " ou encore " oui
cela m'aide " à " non absolument pas ".
Il y a en somme un pôle positif contenant les deux premiers
items, et un pôle négatif comprenant les deux autres
items.
Les seize items du questionnaire ont été regroupés
en différentes catégories:
la communication, l'aide (effective reçue), les relations
interpersonnelles, le plaisir - l'aise et la référence
du groupe à l'extérieur.
2.
Les discussions " post-groupe " avec le conducteur
ont été profitables, voire nécessaires,
à une première élaboration " à
chaud " des contenus actuels et antérieurs ainsi
qu'à l'analyse ultérieure.
3.
L'enregistrement et la retranscription fidèle des douze
séances (du 6 mars au 5 juin 2003) a aidé, grâce
à des critères d'analyse au travers d'une lecture
minutieuse, à relever les thèmes abordés,
leur récurrence et enchaînement, ainsi que les
mécanismes de défenses mis en acte par le groupe,
les réactions face aux changements telle l'absence de
certains membres, et les interventions du thérapeute.
Finalement,
les séances résumées contiennent chacune
un descriptif de leur déroulement et contenus, ainsi
que des interprétations relatives aux processus défensifs
groupaux.
CADRE
DE LA RECHERCHE
Tout
récemment rattachée au Département des
médecines communautaires, la Poliger est une structure
qui a été prénommée pendant longtemps
le Centre de Gériatrie créé par le Professeur
Junod vers la fin des années 60. Au début des
années 90, le Centre de Gériatrie devient alors
la Poliger dirigée par le Professeur C.-H. Rapin, Chef
de service. Ce dernier poursuit l'idée de Junod qui est
de créer un lieu " médico-psycho-social "
pour les personnes âgées. Le but est d'apporter
un soutien temporaire à cette population en tentant de
maintenir aussi longtemps que possible la qualité de
vie des personnes âgées à domicile.
Les dispositifs mis en place pour les soins aux personnes âgées
sont les suivants : un service de soins à domicile, une
structure Accueil-Service (ouverte 24/24) offrant la possibilité
aux personnes en crise (médico-psycho-sociale) d'y séjourner
quatre jours au maximum et un hôpital de jour proposant
différentes activités supervisées (tai-chi,
atelier mémoire, groupe alimentation, groupe mobilité,
groupe " parkinson ", groupe " échange
", groupe terre et piscine).
LE
GROUPE " ÉCHANGE "
Il
existe trois groupes " échange " se déroulant
une fois par semaine pendant 45 minutes. L'objectif thérapeutique
de ces groupes " semi-ouverts " est de permettre aux
patients de sortir de leur isolement et de s'exprimer dans un
lieu de confiance et dans une atmosphère de convivialité.
Créer un espace pour s'exprimer et être écouté
a été le point de départ de l'émergence
de tels groupes. Toutes les personnes âgées n'ont
en effet pas la possibilité de parler, d'échanger
leurs idées, soit parce qu'elles vivent seules et n'ont
plus de famille, soit parce que la communication est difficile
avec l'entourage proche. Il n'existe pas de critères
absolus d'admission, néanmoins il est souhaitable que
le patient aie envie d'y prendre part et qu'il soit en mesure
de communiquer (problèmes d'élocution, d'hypoacousie,
troubles du comportement important).
Il
existe des règles précises concernant le déroulement
de ces groupes : La règle de la ponctualité, la
règle de la discrétion, le respect du tour de
parole, le droit de ne pas parler (liberté de rester
silencieux) et le rôle du psychologue comme garant du
bon fonctionnement du groupe. Plus précisément,
il se charge de faire circuler et de restituer les informations,
les affects, les remarques aux patients pour éviter que
l'attention ou les échanges se concentrent sur certaines
personnes et permettre ainsi aux patients de se rapprocher de
leur insight.
LES
SUJETS
Les
patients considérés dans cette étude sont
âgés en moyenne de 81 ans et il y a une majorité
de femmes (treize femmes et cinq hommes). La symptomatologie
(simple ou composite) peut toucher différents aspects
: la mémoire, la mobilité, l'équilibre,
l'alimentation, la dépression, la douleur, les comportements
liés à l'affaiblissement intellectuel ou à
des conflits familiaux y compris la maltraitance. Ils bénéficient
donc d'une prise en charge globale (sur le plan médical,
psychologique et social).
Le
groupe du jeudi étudié ici comprend initialement
huit femmes et trois hommes, et sa configuration successive
se trouve modifiée avec un double départ et une
absence régulière d'une patiente, ainsi que de
l'intégration d'un homme à la neuvième
séance. Toutefois, le noyau du groupe demeure constitué
de six femmes et de quatre hommes.
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